La présence n’ajoute rien.

Elle ne cherche pas à devenir.
Elle ne cherche pas à améliorer ce qui est.
Elle ne cherche même pas à se nommer.

Elle est là,
comme le souffle qui va et vient,
comme la lumière du matin qui entre par la fenêtre
sans demander la permission.

L’esprit complique,
compare,
mesure,
interprète.

La présence regarde.

Elle accueille le chant de l’oiseau,
la douleur du corps,
la joie imprévue,
le bruit du monde
et le silence entre les bruits.

Elle ne choisit pas.

Dans sa simplicité,
les choses retrouvent leur juste place.

Le vent souffle.
Les feuilles bougent.
Le cœur ressent.
La pensée passe.
La vie continue.

Alors apparaît une étrange évidence :

rien ne manque à cet instant
pour que cet instant soit complet.

Le passé repose dans ses traces.
L’avenir demeure dans son mystère.
Et la vie,
sans effort particulier,
s’écoule au centre de ce qui est.

La présence est simple
parce qu’elle ne possède rien.

Elle est libre
parce qu’elle ne retient rien.

Et lorsque nous cessons un instant
de vouloir être ailleurs,

nous découvrons peut-être
que ce que nous cherchions depuis si longtemps

respirait déjà en nous,
silencieusement,

comme une source cachée
au cœur même du vivant.

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